Erreur 1 : Confondre PubMed et MEDLINE
Une erreur fréquente dans les revues systématiques et les rapports de recherche consiste à décrire les sources de recherche comme « PubMed/MEDLINE », « MEDLINE via PubMed », ou simplement « MEDLINE » alors que la recherche a en réalité été effectuée dans PubMed. Cette terminologie est imprécise et doit être évitée.
La distinction clé : base de données vs plateforme
Une base de données est un ensemble de contenus indexés (par exemple, des citations, des résumés). Une plateforme (ou interface) est l'outil de recherche utilisé pour accéder à une ou plusieurs bases de données. Ces termes ne sont pas interchangeables, et les confondre crée une ambiguïté quant à ce qui a réellement été recherché.
MEDLINE est une base de données — la base de données biomédicale la plus fréquemment interrogée au monde.
PubMed est une plateforme gratuite qui donne accès au contenu de MEDLINE, en plus d'un contenu non-MEDLINE (par exemple, des notices propres à PubMed, des articles de PMC, des publications en avance sur la version imprimée). PubMed n'est pas en soi une base de données — c'est une interface.
D'autres plateformes donnent également accès à MEDLINE, telles qu'Ovid MEDLINE, ProQuest, et Web of Science. Ovid MEDLINE All, par exemple, donne accès à essentiellement le même contenu MEDLINE que PubMed, avec quelques fonctionnalités de recherche supplémentaires.
Ce que cela implique pour le rapport de votre recherche :
Règle pratique : rapportez toujours base de données + plateforme ensemble lorsque ce n'est pas PubMed (par exemple, « MEDLINE via Ovid »), et rapportez simplement « PubMed » lorsque c'est la plateforme utilisée — sans ajouter « MEDLINE ».
Erreur 2 : Présenter PRISMA comme un guide méthodologique
PRISMA est l'acronyme de « Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses » (Principaux éléments à inclure pour le compte rendu des revues systématiques et des méta-analyses). Les auteurs écrivent fréquemment des phrases telles que « nous avons mené notre revue conformément aux lignes directrices PRISMA » ou « la revue de portée a été réalisée conformément aux lignes directrices PRISMA ». Un exemple récent publié illustrant cette erreur peut être consulté ici.
Pourquoi il s'agit d'une erreur
PRISMA est un outil de rapport (compte rendu), et non un outil méthodologique. Il fournit une liste de contrôle (checklist) et un diagramme de flux pour aider les auteurs à rendre compte de manière transparente de ce qu'ils ont fait dans une revue systématique — il n'indique pas comment mener une telle revue (c'est-à-dire qu'il ne guide pas les décisions relatives à la conception de la stratégie de recherche, aux processus de sélection des études, aux méthodes d'évaluation du risque de biais, ou aux approches de synthèse des données). Affirmer qu'une revue a été « menée conformément à PRISMA » dénature son objectif et brouille la distinction entre la conduite d'une recherche et son compte rendu.
Comment le formuler correctement
Il est préférable de décrire PRISMA comme un cadre de rapport appliqué à la manière dont le processus et les résultats de la revue sont présentés. Par exemple :
« Nous avons rapporté les décisions relatives à l'inclusion et à l'exclusion conformément à la déclaration PRISMA. » (Bruder et al., 2015)
Ou, plus généralement :
« Cette revue est rapportée conformément à la déclaration PRISMA 2020. »
Règle pratique : utilisez PRISMA pour décrire la manière dont vous avez rédigé et présenté votre revue, et non la manière dont vous l'avez menée. Pour un véritable guide méthodologique sur la conduite des revues systématiques, référez-vous plutôt à des sources telles que le Cochrane Handbook ou le JBI Manual.
Erreur 3 : Assimiler la littérature grise à la littérature non publiée
Certains bibliothécaires et chercheurs considèrent « littérature grise » et « littérature non publiée » comme des synonymes. Ceci est inexact : les deux termes sont liés, mais non équivalents.
La littérature grise désigne les documents et travaux de recherche produits par des organisations en dehors des circuits traditionnels d'édition et de diffusion commerciale ou universitaire. Elle comprend des documents tels que des rapports, des thèses, des actes de conférence, des documents gouvernementaux et des documents de travail — dont beaucoup peuvent en réalité être formellement publiés ou diffusés par l'organisation qui les produit, simplement en dehors des circuits d'édition conventionnels.
La littérature non publiée, en revanche, désigne spécifiquement des documents qui n'ont fait l'objet d'aucune publication formelle ni d'évaluation par les pairs (par exemple, des données restées dans un tiroir, un manuscrit jamais soumis, des communications personnelles).
La relation entre les deux :
La littérature non publiée peut être considérée comme un sous-ensemble de la littérature grise, mais cette dernière constitue une catégorie beaucoup plus large. La littérature grise englobe de nombreux documents qui sont publiés ou diffusés publiquement par leur organisme d'origine (par exemple, un rapport technique de l'OMS, une note de politique gouvernementale, une thèse universitaire), et qui contournent simplement les éditeurs commerciaux ou universitaires traditionnels. Qualifier l'ensemble de la littérature grise de « non publiée » ignore cette distinction et peut fausser la nature et la crédibilité de ces sources dans une revue systématique.
Règle pratique : toute littérature non publiée est de la littérature grise, mais toute littérature grise n'est pas non publiée. Lorsque vous décrivez votre recherche de sources de littérature grise, évitez le terme générique « non publiée », sauf si le document concerné n'a effectivement fait l'objet d'aucune diffusion sous quelque forme que ce soit.
(Source : Littérature grise – Wikipédia)